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LE BLOG DE ROSIE

LE BLOG DE ROSIE

Ce blog a été crée pour partager mes émotions, mes coups de cœur, mes états d'âme ,Pourquoi j’écris ? Pour vivre, pour parler de l'amour pour que le sentiment, l’émotion prennent corps, pour que l’âme chavire, pour que le ciel se teinte de rose - parce que l'on peut rêver et en faire une réalité. - Ecrire pour louer le jour et attendre la nuit, où l'écriture est plus facile..Écrire en choisissant les mots pour panser des maux ♥

Publié le par Rosie
Publié dans : #Tissons des liens
Une de mes activités : Une page sur le SIDA

Tous les ans le premier décembre

je porte une attention particulière

a la journée mondiale de lutte contre le sida

Au moment, au pic des ravages que faisait la maladie

je me suis investie, à la demande des autorités de

tutelles Sanitaires et sociales ;

où il m'a été demandé de créer

un service de soins spécifique et calqué sur le

service de soins à domicile pour les personnes âgées

C'est une période un peu héroïque de ma vie

je suis partie la fleur au fusil

sans savoir trop ce qui nous attendait

avec l'équipe du Lien Soins et Aides

je créais  une structure

pour dispenser des soins à domicile

dans un cadre bien organisé

et en relation avec le service hospitalier

qui avait en charge des recherches sur cette maladie

pas encore très connue : Cette implication

fut une récompense pour moi, sur le plan humain

un enrichissement personnel 

Une grande ouverture

d'esprit de cœur et de solidarité

Une de mes activités : Une page sur le SIDA

Mon investissement fût grand

auprès des malades atteint du Sida

j'avais été sollicitée

pour créer un service de soins spécifique

pour la prise en charge de cette population

atteinte par la maladie, c'était en 1992 

"Il faut s’occuper de cette population fragilisée et jeune,

qui pour le moment n’a d’autre avenir que la mort“.

La tri-thérapie n’était pas connue.

Je m'étais rendue en visite chez un jeune homme

charmant qui était dans le monde artistique.

Quelle ne fut pas ma surprise,

d’être aussi bien accueillie, comme un membre de la

famille ! D’un coup d’œil, je vois l’agencement de la

pièce originale, raffinée, avec une grande baignoire

occupant une bonne partie de l’espace.

 

Un jeune homme qui me montra son press-book,

avec des photos d’artistes

et surtout celle d’un danseur noir américain très beau...

Il me dit : Les larmes aux yeux

"Vous voyez comme il est beau, certes,

c’est lui qui m’a contaminé

mais il est tellement beau que je le lui pardonne“...

C’est très touchant, c’est poignant, j'étais décontenancée

devant ce message d’amour et d’abnégation.

 

Le soir pour me rassurer j'en parlais à mon mari

qui était médecin c'était lui qui m'avait conseillé de

m'investir nous avions de la compassion.

Ce même jeune malade m'avoua :

Je suis comme un petit soldat

qui va mourir  le jour de l’armistice,

car je sais qu’on va trouver une thérapie

quand je ne serai plus là ! II ne savait pas si bien dire…

La recherche avançait ...pas à pas 

les chimiothérapies quotidiennes

firent place au traitement oral

les soins intense, avec aérosols

et soins de confort évoluèrent

l'aide soignante passait parfois 5 heures

auprès d'un malade

l’infirmière faisait les soins spécifiques

Le pédicure - lui aussi- était soumis au secret

ainsi que tous les para-médicaux qui évoluaient

Des aides-à-domicile furent aussi formées

c'était un tout ; soins et prendre soins et aides

travail en relation avec les associations

il y avait aussi des contaminés par transfusions

Merci Monsieur Fabius, les familles se souviennent

 

Une de mes activités : Une page sur le SIDA

La vie est parsemée de ces témoignages d’amour.

Nos activités nous liaient encore plus,

des histoires de la vie au quotidien :

celles qui me préoccupaient concernaient

des soins spécifiques à des malades jeunes

et atteints de cette terrible maladie qui les emportait.

Le VIH...Il fallut pour ces soins  à domicile et en équipe

les adapter au mieux pour retrouver tout ce qui rappelait

la vie quotidienne, ceci pour ne surtout pas bousculer

l’organisation habituelle du cours de la vie

et ne pas stigmatiser une situation médicale

qui devait rester sous le sceau du secret,

et de la plus grande confidentialité.

 

C’est d’ailleurs bien pour cela

que l’infirmière qui dispensait les soins,

venait d’un village voisin de celui du malade

et, pour ne pas attirer l’attention,

elle garait sa voiture plus loin.

Les valises contenant le matériel  médical,

furent mises dans des sacs à pain en papier kraft,

les déchets contaminés, récoltés dans des boîtes

spéciales furent eux aussi placés dans des sacs poubelle,

il fallait que tout soit discret, naturel,

et rappelle que cette maladie était tenue secrète.

Le secret professionnel bien gardé,

l’anonymat total. La maladie était encore taboue

on avait peur de la contamination que l’on voyait partout.

je me souviens avoir pris une tasse de café

offerte par le malade, en moi j'étais inquiète

mais dans cette convivialité et le partage

tout fut parfait : une bise même avant de partir

pour me remercier : C'était au début

et on n'avait pas beaucoup de notions sur la

contamination que l'on imaginait partout

 

Une de mes activités : Une page sur le SIDA

Il en fut de même pour cette dame de la bonne société,

qui découvrit un jour que son mari était atteint

de cette grave  affection.

Elle aimait son époux et fit une dépression

en apprenant ce malheur…

Par amour, pour leur vie heureuse vécue ensemble

elle accepta de céder sa chambre au lit à baldaquin,

et d’y substituer un lit médicalisé.

Elle l’a accompagné avec une ferme et confiante

détermination jusqu’à son dernier souffle par amour.


Et, dit-elle, s’il m’avait trompée avec une femme,

j’aurais su me servir de mes armes, mais là, je ne sais

plus.Ce sont des moments où la vie chavire,

des moments qui sont exceptionnels

cette maladie n’a laissé aucune famille indifférente,

elles savaient que ça n’allait pas durer,

autant alors donner le meilleur de soi-même,

les malades sont d’un exceptionnel attachement,

leur famille font preuve d’une très profonde gratitude

pour le dévouement de ceux qui les ont assistés,


Un ami qui est sur cette photo a mis ce commentaire

C'est le Dr Reynes devenu professeur par la suite qui

mérite surtout un grand coup de chapeau !

C'est lui qui a tout pris en main dans un petit bureau

de Gui de Chauliac au rez de chaussée

à coté de la réanimation respiratoire.

Une de mes activités : Une page sur le SIDA

Et c’était une récompense,

un enrichissement personnel pour notre équipe

de soignants et des structure d’aide et de soins.

Heureusement peu de temps après il y avait la tri-thérapie,

les soins furent moins importants

les effets secondaires de la maladie reculaient

Elle est néanmoins toujours présente, la vigilance

s'impose la prévention est le meilleur traitement :

Un pensée particulière pour ceux qui sont partis

C'est aussi un hommage à ceux qui se sont impliqués

dans cette chaine de soins, de recherches et d'aides.. 

C'est une page de mon livre  c'est une page de ma vie 

A ce jour de 2015 on compte une augmentation de 5%

de séro-positifs dans Notre région le Languedoc-

Roussillon , et maintenant j'ai perdu le compte

notre région était la troisième en nombre de malades

il faut accentuer le message, personne n'est épargné

A tous les jeunes ! au moins protégez vous

cela n'arrive pas qu'aux autres,

pour moi étant grand-mère, je parle à mes petits-enfants

c'est souvent vers mois qu'ils viennent, car je sais

entendre certaines souffrances...

En photo l'équipe du CHUR de cette époque

Cette photo est extraite d'un livre sur les hôpitaux 

écrit par le Professeur Robert Dumas

beaucoup ne sont plus là Hommage a tous chercheurs

soignants tous ceux qui avec dévouement se sont investis

Je garde de ces années, un souvenir qui est présent

en moi, et que je ne suis pas prête à oublier

Des souvenirs de rencontres hors du commun

souvent quand nous avons une réunion au sein de l'association

je retrace cette genèse - Ce temps que nous avons vécu

comme un temps irréel - J'avais aussi rencontré un philosophe

Emmanuel Hirsh qui est maintenant directeur

de l'assistance Publique qui gère les hôpitaux de Paris

Il avait à cette époque écrit un livre sur la contamination

de cette maladie qui était aussi un fait de notre société

Je suis parfois ( presque admirative) de ce que j'ai fait

Chaque chose en son temps : l'action est finie pour moi

mais que de craintes ! que de souvenirs une page se tourne

et Sortez couverts ! ce conseil reste d'actualité

Hommage et respect à ceux qui se sont dévoués ..

Hommage et respect à ceux qui se sont dévoués ..

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Dere 01/12/2014 11:44

J ai vécu en 1989 et 1991 la fin de vie de 2 jeunes atteints par le sida. L un était en dernière année de médecine à Paris et l autre diplôme de l école de commerce de Reims . Il était à Londres chez Christis ou il donnait des cours d art et recevait des jeunes de tous les pays. Il parlait et ecivait l anglais et l allemand. 2 jeunes exceptionnels qui n'ont pas bénéficié ni de l Azt ni de la trithérapie. Malgré tous les bruits qui circulaient sur cette maladie je les ai toujours reçus à la maison. Bravo a vous et à votre mari pour ce que vous avez fait.

Rosie 01/12/2014 12:45

C'était vraiment une urgence.Le médecin de la DDASS de l'époque est venu me voir un 21 décembre pour me demander de créer un service de soins articulé comme celui pour les personnes âgées ; sauf que les IDE devaient avoir fait une formation specifique, ainsi que nos aide-soignantes salariées...et avant de m'engager j'ai posé la question à mon mari / faut-il y aller ? il m'a fortement conseillé OUI !! et la nous avons beaucoup travaillé pour créer ce service à domicile en relation avec le réseau Ville-hôpital ..je me suis personnellement beaucoup impliquée formation, visite aux malades accompagnée de l'infirmière coordinatrice...soins longs nos aide-soignantes passaient parfois 5 heures a faire des soins de confort toilettes, soins de bouche, aérosols etc etc...il y avait deux perfusions par jour !!! au début nous avions le milieu artistique, et puis des femmes, et bien sur des contaminations par le sang chez des hémophiles ...Voir mourir ces jeunes nous plongeait dans une grande tristesse..Il y a une recrudescence chez des hommes moins jeunes qui sont porteurs du virus sans le savoir....Merci de votre message toujours enrichissant

Mariette 02/12/2012 18:33


Jolie page du livre !! une page de la vie : Touchant et émouvant est ce texte. Bonne soirée des Bisous mon  amie Rosie

Rosie 03/12/2012 17:34



Une page du livre, une page de ma vie, on change de livre.....Bone soirée ..........♥



Albert 01/12/2012 23:14


C'est le Dr Reynes devenu professeur par la suite qui mérite surtout un grand coup de chapeau ! C'est lui qui a tout pris en main dans un petit bureau de Gui de Chauliac au rez de chaussée à coté
de la réanimation respiratoire.

Rosie 02/12/2012 10:45



Bonjour C'est évident, mais à cette époque Reynes n'était que chef de clinique..il s'est bien impliqué et reconnu de tous est devenu professeur...Avec Chaire ou pas ?... Chef de service ou pas ?
Durant les 4 années où nous avons travaillé à domicile dans le reseau ville-hôpital nous avions des relations fréquentes, car les malades allaient de leur domicile a son service et revenait sous
son contrôle...Un épisode de ma vie, quelques pages de mon livre....



Lisa 01/12/2012 15:27


Chère Rosie, je relis avec attention ce beau passage d'un de vos livres..


 


Pour vous accompagner je vous propose ce texte de Victor Hugo avec toute mon affection, amitiés à toutes et tous les fidèles de votre blog:


 


"Le penseur, poète ou philosophe, se sent une sorte de paternité immense. La misère universelle est là, gisante ; il lui parle, il la conseille, il l’enseigne, il
la console, il la relève ; il lui montre son chemin, il lui rallume son âme. — Vois devant toi, pauvre humanité. Marche ! — Il souffre avec ceux qui souffrent, pleure avec ceux qui pleurent,
lutte avec ceux qui luttent, espère pour ceux qui désespèrent.. 


On sent en lui tout le cœur humain, énorme. Rien ne le décourage. Il n’accepte aucun démenti. Il voit le juge, et veut la justice; il voit le prêtre, et veut la
vérité ; il voit l’esclave et veut la liberté. Il affirme la rentrée au paradis. Il recommence sans cesse dans sa vie et dans ses œuvres l’équation du droit et du devoir. Le jour où cet homme
suprême meurt, son agonie bégaie : amour !"

Rosie 02/12/2012 10:37



Mon texte est parti....Merci à vous de trouver chaque fois ce qui convient a mon texte... voici encore un mystère j'ai répondu et ne trouve pas cette réponse..Si j'écrivais ce jour j'écrirais
differemment car on évolue aussi dans la façon de s'exprimer..je vous embrasse et vous souhaite un BON DIMANCHE...