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LE BLOG DE ROSIE

LE BLOG DE ROSIE

Ce blog a été crée pour partager mes émotions, mes coups de cœur, mes états d'âme ,Pourquoi j’écris ? Pour vivre, pour parler de l'amour pour que le sentiment, l’émotion prennent corps, pour que l’âme chavire, pour que le ciel se teinte de rose - parce que l'on peut rêver et en faire une réalité. - Ecrire pour louer le jour et attendre la nuit, où l'écriture est plus facile..Écrire en choisissant les mots pour panser des maux ♥

Publié le par Rosie
Publié dans : #Coup de coeur
Ophélie...Un peu de Poésie

Pour changer un peu de poésie et celle que je préfère

 

De jolis mots pour adoucir nos maux

Voici un beau poème

qui enchanta mon adolescence

et que je murmurais un soir à l'oreille

d'un ami : Ophèlie et ses voiles

Ophélie et ses seins frôlés par le vent

Ophèlie un des beaux poèmes écrit

par Arthur Rimbaud 

 

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Sur l’onde calme et noire où dorment les étoiles

La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,

flotte très lentement, couchée en ses longs voiles

- On entend dans les bois lointains des hallalis

 

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie

Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir,
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s’inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d’elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d’où s’échappe un petit frisson d’aile :
− Un chant mystérieux tombe des astres d’or.


Ô pâle Ophélia ! Belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
− C’est que les vents tombant des grands monts de Norvège
T’avaient parlé tout bas de l’âpre liberté ;

C’est qu’un souffle, tordant ta grande chevelure,
À ton esprit rêveur portait d’étranges bruits ;
Que ton cœur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l’arbre et les soupirs des nuits ;

C’est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d’enfant, trop humain et trop doux ;
C’est qu’un matin d’avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s’assit muet à tes genoux !

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
− Et l’Infini terrible effara ton œil bleu !


− Et le Poète dit qu’aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis,
Et qu’il a vu sur l’eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys.

 

 

 Arthur Rimbaud

 

Ophélie...Un peu de Poésie

 

Ophélie apparaît ici comme une figure diaphane,

une femme enfant,

fille fleur, vierge sainte

dans des voiles comparée à "un grand lys",

la fleur virginale et mariale.

 

 La quête poétique

débouche à la fin sur la parole étranglée,

sur un ultime et définitif silence,

celui de l’enfant noyé,

celui du "pauvre fou",

celui du poète, victime de son "rêve".

Dans les Illuminations

on retrouvera l'incessante obsession

d’unir le feu et la glace ; la neige fondue

incapable de "changer la vie"

et de renaître à un monde diffèrent

La triste Ophélie

ne peut que dériver sur le fleuve de la folie.

Ophélie...Un peu de Poésie

Ce poème a été pour moi

un des plus beaux de mon adolescence,

Certainement parce qu'un professeur de français

me l'a fait aimer..Voici quelques définitions :

Ophélie reprend le thème shakespearien

de l'héroïne d'Hamlet,

Ophélie, femme délaissée amoureuse d'un prince

qui devient folle et se noie de désespoir.

 

Rimbaud brosse avec les couleurs

un véritable tableau,

joue sur le contraste du noir

l’onde calme et noire"

et du blanc "fantôme blanc",

adjectifs de couleur repris trois vers plus loin mais inversés.

Comme dans le tableau du peintre anglais,

Ophélie semble toujours vivante,avec les yeux ouverts.

Morte transfigurée

Ophélie...Un peu de Poésie

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