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LE BLOG DE ROSIE

LE BLOG DE ROSIE

Ce blog a été crée pour partager mes émotions, mes coups de cœur, mes états d'âme ,Pourquoi j’écris ? Pour vivre, pour parler de l'amour pour que le sentiment, l’émotion prennent corps, pour que l’âme chavire, pour que le ciel se teinte de rose - parce que l'on peut rêver et en faire une réalité. - Ecrire pour louer le jour et attendre la nuit, où l'écriture est plus facile..Écrire en choisissant les mots pour panser des maux ♥

Publié le par Rosie
Publié dans : #Mes émotions
La vie : Au gré du temps

Au gré du temps, et des évènement

la vie s'en va parfois, chienne de vie

les temps sont douloureux,

la tristesse ronge nos cœurs nous souffrons

pour tous ceux qui dans leur chair

ont été visés et tués, alors qu'ils aimaient la musique

Pour nous la musique, nous accompagne

elle sublime nos émotions

chantons chantons qu'un sang impur abreuve nos sillons

ils sont venus égorger nos fils nos compagnes

Cet hymne le notre était-il visionnaire

on voulait le modifier, et de nos jours

il  exprime la réalité ( c'était en novembre le 13 )

j'ajoute toujours à mes textes une page sur l'actualité

triste morose, vont le monde et les événements

hurlez notre chant sacré

et prions notre Dieu de Bonté,

Marie mère de Dieu aide nous

toi la Rose divine:

par la barbarie ton fils a été cloué sur une croix,

fais que la nôtre soit moins lourde à porter..

Et que debout restent nos croix symbole de notre religion

en ce jour Sainte Élisabeth protège nous

et exauce mes prières et protège ceux que j'aime

La vie : Au gré du temps

La vie est parfois belle et d’autre fois rebelle

Car tout s’en mêle ! atrocités dangers

Ou un rayon de lumière

Un ciel étoilé a vite fait de la changer

C’est cela aussi la vie au gré des jours

Il suffit parfois de peu

D’une attention, d’un sourire

D’un gentil message : Je t’aime

Je suis bien avec toi, et moi donc ?

Il faut souvent faire le dos rond

Pour laisser glisser la pluie

Et garder le cœur ouvert à ceux qui nous aiment

Et ne savent parfois pas l’exprimer

Tant de misères pourraient être traitées

avec de l'amour et pas de la haine

A nos enfants inculquons les bons principes

de loyauté d'amour, de travail bien fait

pour soi et pour l'humanité !

 

La vie : Au gré du temps

Le temps arrange tout : Ce temps

celui qui fait, que nous avons pris du recul

nous apprenons à nous connaître

c’est parfois un lien invisible

mais si puissant qui nous relie

c’est un tout, et c’est un rien

c’est mon cœur qui bat plus fort

quand j’entends ta voix

vos voix, et que nous sommes sur la même voie

je vous aime, je t’aime je suis toute amour

pour vous mes enfants petits-enfants et plus 

l’amour est différent mais toujours aussi puissant

pourquoi toi, pourquoi moi

pourquoi nous ! Nous faisons un pas

et tout change ! Je te l’ai dit : Toi Amour

tu illumines ma vie et la rends plus belle

"Pour l'amour d'une rose,

le jardinier est le serviteur de mille épines."
Proverbe Turc.

La vie : Au gré du temps

Tu es un bouquet de pensées à toi seul

j’aime que tout soit clair

que nous nous enrichissions

c’est beau de se retrouver

nous nous cherchons, nous nous trouvons

le temps passe si vite

quand nous sommes ensemble

Le temps, le notre, celui que nous préservons

ce temps un peu perdu

ou nous nous sommes dispersés

ce temps que nous retrouvons

pour avancer ! Tu illumines ma vie

et tu la rends si belle ! je dois dire Merci à qui ?

A toi et à Vous , à lui, et aux autres !

c’est vrai que nous avançons tous les jours

combien belle sera la rencontre ou les retrouvailles

je T’aime, je vous aime, c’est un tout

qui me met des étoiles dans les yeux !

et qui éclaire ma vie, la rend lumineuse

l'Amour est un des plus beaux sentiment

je vous aime tous, et chacun à un niveau différent

chacun unique pour moi et un tout- Un-

grand et noble une pensée pour toutes les victimes

de la barbarie et de l'obscurantisme

une pensée une prière

pour ceux qui sont des étoiles au ciel

Sainte Élisabeth veille sur nous tous

c'est la fête de ma petite-fille,

c'est celle de ma grand-mère

c'est aussi un peu la mienne puisque je porte

Élise en troisième prénom venant de Élie

Que la lumière soit avec nous tous ...

La vie : Au gré du temps

Ce texte a deux ans trois ans même

j'ai un peu rectifié  l'écriture le fond reste le même

le temps adoucit tout, et les mauvais moments

sont devenus plus calmes;

le temps ! celui qui passe si vite,

ce temps presque perdu en discordes inutiles, 

Mon amour pour vous est le ciment

qui lie toutes les pierres de cet édifice

je suis restée neutre, et de tout mon cœur

je vous ai aimés, sans juger, en prenant du recul

Tout est bien, juste un grain de sable

qui bloque un rouage

mais qui ne saurait tout enrayer

l'amour peut  à lui seul rassembler

de tout mon cœur, je souhaite à chacun du bonheur

une joie de vivre, et l'amour de l'autre

pour vous tous pour moi, et pour cet invisible

qui me relie toujours la bas ! et ici sur terre

Que l'amour de l'autre soit toujours plus fort

que les mauvais soient punis

que les bons prospèrent et dans leur foi

portent le message de l'amour

que la vie reprenne ses droits

la vie sera toujours plus forte restons unis...

La vie : Au gré du temps


François Coppée extraits de son poème

 "Etoiles filantes":

 

Dans les nuits d’automne, errant par la ville,
Je regarde au ciel avec mon désir,
Car si, dans le temps qu’une étoile file,
On forme un souhait, il doit s’accomplir.


Enfant, mes souhaits sont toujours les mêmes :
Quand un astre tombe, alors, plein d’émoi,
Je fais de grands vœux afin que tu m’aimes
Et qu’en ton exil tu penses à moi..

 

Je vous embrasse Rosie, amitiés à toutes et tous

 

 

La vie : Au gré du temps

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Publié le par Rosie
Publié dans : #Au fil des jours !
Un bel automne qui s'en va doucement

 

Mon bel automne

On nous dit que l’automne s’en va

Pourtant nous l’avons encore pour quelques jours

Un ami me disait récemment :

J’aime cette saison et ses couleurs

Sa tiédeur des jours encore chauds et humides

j’aime cette saison, tout comme j’aime le printemps

qui sont entre deux périodes plus fortes  

entre l’hiver et l’été où tout est exacerbé !

l’automne est installé avec ses belles couleurs

et comme le temps est doux

les ramures des arbres sont jaunes et rouille

Il y a des oiseaux qui se nourrissent de baies

et apportent cette touche de vie de liberté et d’amour

le ciel est gris souris et le soleil est toujours présent

ici ou dans notre cœur, pur bonheur 

les mots comptent , les jours aussi

ils sont plus beaux si tu es avec moi

par la pensée, par l'esprit symbolisé par ce bel oiseau

qui sur un ciel d'azur, nous apporte sa beauté

liberté liberté , mais nous sommes enchaînes

par nos liens, nos attaches, notre dépendance

oui dis moi, encore un mot que j'aime entendre

un mot fait de douceur de tendresse et de ta bonté

un mot qui sonnerait comme Aimer...

Aimer toujours et encore...

l'absence ne compte pas pour nous

tout est contenu dans le mot le symbole

comme l'automne , notre âge d'or cette longue saison

qui nous va si bien , pour nos confidences

sous un ciel un eu feutré Ô que j'aime ce mot

Un bel automne qui s'en va doucement

L’automne est à notre image disais-je à un ami

plus doux plus neutre avec moins d’agressivité

pour nos yeux devenus plus fragiles

j’aime les parfums de cette saison

celui des champignons, de la terre après la pluie

et de nos fruits un peu oubliés kakis, jujubes nèfles

qui sont mes souvenirs d’enfance

 

Et nous avons disserté ou écrit d’une façon très poétique

sur cette saison a notre image, plus sage et réfléchie

apportant notre touche féminine et masculine

différente mais convergente ! Complémentaire

Pour lui c’était la voute étoilée

et la proximité d’une personne aimée qu’il protégerait

pour moi c’est aussi la voûte étoilée et tout ce qui me parle

tout ce romantisme, cette évasion, ce rêve

le ciel d'automne où la nuit tombe plus vite

et la lumière descend doucement

que de bons moments nous pourrions partager

on ne demande pas la lune, mais ta main dans la mienne

quel bonheur : je te servirai un thé épicé à la rose

au jasmin ou bien mon me lange d'automne

aux saveurs gourmandes ! Je sais que tu aimerais

Nous le faisons au coin de la cheminée

en regardant monter les flammes

Depuis je ne l'allume plus, car pour apprecier

il faut être deux, ou une famille réunie autour du foyer

Un bel automne qui s'en va doucement

L’automne s’en va nous dit-on ?

Pour faire place à l’hiver

Nous le prendrons comme il sera!

On s’en accommodera au mieux

On a besoin de chaleur de douceur de cette tiédeur

Je n’aime pas le vent en hiver qui devient bise

Ah !  Oui des bises j’aime beaucoup !

Des bises mais pas la bise

Les nuits sont claires et étoilées

quand le froid s’est installé

et c’est le moment ou nous aurions besoin

de bras protecteurs pour nous y blottir

comme l’enfant ! 

Ô rêve ! Parti au fil de l’eau

au fil d’une manipulation

Comme en informatique d’une mauvaise manœuvre

Tout revient ! Tout est suspendu heureusement

en nous demeurent les émotions et des souvenirs

en prenant du recul on voit mieux et plus clair

et dans la pensée et dans le cœur tout est imprégné

de tendresse et de délicatesse !

tout comme cet incertain temps d'automne

Un bel automne qui s'en va doucement

Tout est  poésie, image, symbole

que certains n'ont pas su interpréter

sans doute le symbole du Chevalier à la Rose

où du Saint Graal, de la quête

à la recherche de la vérité,

mais en prenant du recul

on peut mieux voir appréhender 

et même trouver d’autres symboles

celui de Marie considérée comme une rose sans épines

De Marie notre mère qui veille sur nous ;

elle est tout amour, elle est rose divine

Et en elle on met des espoirs, tant d’espoirs,

J’aime beaucoup cette définition

de la rose sans épines

L’automne s’en va, dans un bouquet de roses

où se trouve le sourire et l’espérance

de mes roses de Novembre : fragiles et fortes

Qui, au petit matin braveront le froid

Pour éclairer quelques jours,

Comme toi soleil d’automne

Qui apporte de la tiédeur le rayonnement

Pour  animer encore nos cœurs 

Un bel automne qui s'en va doucement

Comme vous pouvez le voir

d'après les commentaires

ce texte je l'ai écrit il y a quelques années

et je le reprends dans sa forme et pour le souvenir

pour un rêve parti au fil de l'eau

un beau rêve pourtant

et dans le rêve il y a toujours un joli message

prendre du recul m'a servi à voir plus clair

à mieux me connaître

semons de la bonté de l'amour

de l'authenticité, du vrai, pas du faire semblant

 

Ce texte je l'ai retouché, mon écriture a évolué

comme évoluent les sentiments, au gré du temps

je le trouve chaleureux et harmonieux

un automne tout en couleurs de tendresse

la vie nous réserve parfois des surprises

prenons le bon côté :L'amour des êtres et des choses

sourions en regardant un bouquet de roses

pour le plaisir qu'il nous procure, en tout

il y a la main du créateur ou du destin

soyons sereins et réceptifs aux  bonne ondes

et à l'énergie créatrice !  à la main de Dieu

Un bel automne qui s'en va doucement

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Publié le par Rosie
Publié dans : #Coup de coeur
Ophélie...Un peu de Poésie

Pour changer un peu de poésie et celle que je préfère

hier c'était l'anniversaire du décès de ce grand poète

De jolis mots pour adoucir nos maux

Voici un beau poème

qui enchanta mon adolescence

et que je murmurais un soir à l'oreille

d'un ami : Ophélie et ses voiles

Ophélie et ses seins frôlés par le vent

Ophélie un des beaux poèmes écrit

par Arthur Rimbaud 

 

********************************************************************************************

Sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles
La blanche Ophélia flotte comme un grand lys,
Flotte très lentement, couchée en ses longs voiles...
- On entend dans les bois lointains des hallalis.

Voici plus de mille ans que la triste Ophélie
Passe, fantôme blanc, sur le long fleuve noir.
Voici plus de mille ans que sa douce folie
Murmure sa romance à la brise du soir.

Le vent baise ses seins et déploie en corolle
Ses grands voiles bercés mollement par les eaux ;
Les saules frissonnants pleurent sur son épaule,
Sur son grand front rêveur s'inclinent les roseaux.

Les nénuphars froissés soupirent autour d'elle ;
Elle éveille parfois, dans un aune qui dort,
Quelque nid, d'où s'échappe un petit frisson d'aile :
- Un chant mystérieux tombe des astres d'or.

II

Ô pâle Ophélia ! belle comme la neige !
Oui tu mourus, enfant, par un fleuve emporté !
- C'est que les vents tombant des grands monts de Norwège
T'avaient parlé tout bas de l'âpre liberté ;

C'est qu'un souffle, tordant ta grande chevelure,
A ton esprit rêveur portait d'étranges bruits ;
Que ton coeur écoutait le chant de la Nature
Dans les plaintes de l'arbre et les soupirs des nuits ;

C'est que la voix des mers folles, immense râle,
Brisait ton sein d'enfant, trop humain et trop doux ;
C'est qu'un matin d'avril, un beau cavalier pâle,
Un pauvre fou, s'assit muet à tes genoux !

Ciel ! Amour ! Liberté ! Quel rêve, ô pauvre Folle !
Tu te fondais à lui comme une neige au feu :
Tes grandes visions étranglaient ta parole
- Et l'Infini terrible effara ton oeil bleu !

III

- Et le Poète dit qu'aux rayons des étoiles
Tu viens chercher, la nuit, les fleurs que tu cueillis ;
Et qu'il a vu sur l'eau, couchée en ses longs voiles,
La blanche Ophélia flotter, comme un grand lys
Ophélie...Un peu de Poésie

Ophélie apparaît ici comme une figure diaphane,

une femme enfant, fille fleur, vierge sainte

dans des voiles comparée à "un grand lys",

la fleur virginale et mariale.

 La quête poétique

débouche à la fin sur la parole étranglée,

sur un ultime et définitif silence,

celui de l’enfant noyé, celui du "pauvre fou",

celui du poète, victime de son "rêve".

Dans les Illuminations

on retrouvera l'incessante obsession

d’unir le feu et la glace ; la neige fondue

incapable de "changer la vie"

et de renaître à un monde diffèrent

La triste Ophélie

ne peut que dériver sur le fleuve de la folie.

Ophélie...Un peu de Poésie

Ce poème a été pour moi

un des plus beaux de mon adolescence,

Certainement parce qu'un professeur de français

me l'a fait aimer..Voici quelques définitions :

Ophélie reprend le thème shakespearien

de l'héroïne d'Hamlet,

Ophélie, femme délaissée amoureuse d'un prince

qui devient folle et se noie de désespoir.

 

Rimbaud brosse avec les couleurs

un véritable tableau,

joue sur le contraste du noir

l’onde calme et noire" et du blanc "fantôme blanc",

adjectifs de couleur repris trois vers plus loin mais inversés.

Comme dans le tableau du peintre anglais,

Ophélie semble toujours vivante,avec les yeux ouverts.

Morte transfigurée

Ophélie...Un peu de Poésie

Oh combien j'ai aimé et j'aime ce texte

je le connais par cœur ( comme l'on dit )

Arthur Rimbaud était très jeune quand il l'a écrit

est-ce, ce romantisme, qui m'a plu ,

est-ce les voiles blancs

la sonorité de ce texte, l'image et l'imaginaire

de l'adolescente que j'étais , qui quelque part

attendait aussi un prince de cœur  !

Hélas elle flottait en ses longs voiles blancs

comme une jeune-fille fleur de lys virginal

qui rêvait trop et écoutait le chant venu d'ailleurs

il y a en nous cette réminiscence de notre adolescence

ou se mêle un peu de tristesse, et beaucoup d'imaginaire

Tableau d'Alexandre Cabanel peintre de Montpellier

Tableau d'Alexandre Cabanel peintre de Montpellier

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Publié le par Rosie
Publié dans : #Au fil des jours !
Des Habits trop Grands

Je vous offre en lecture un conte que j'ai toujours aimé

et que j'ai mimé en le récitant, lors d'une campagne

électorale, ce qui avait bien plu au public

Ni  voyez aucune ressemblance mais une allusion

 à qui je le pense et qui vous amusera Jupiter est nu

Seuls les sots ne le voient pas ...

les contes D’Andersen

sont pour moi parmi les plus beaux

je vous laisse découvrir celui-ci

j'aime aussi la petite fille aux allumettes

Bonne lecture

Des Habits trop Grands

Il y avait autrefois un grand-duc

qui aimait tant les habits neufs

, qu’il dépensait tout son argent à sa toilette.

Lorsqu’il passait ses soldats en revue,

lorsqu’il allait au spectacle ou à la promenade,

il n’avait d’autre but que de montrer ses habits neufs

À chaque heure de la journée,

il changeait de vêtements, et comme on dit d’un roi :

« Il est au conseil, » on disait de lui :

«  Le grand-duc est à sa garde-robe. »

La capitale était une ville bien gaie, grâce à la quantité

d’étrangers qui passaient ; mais un jour il y vint aussi deux

fripons qui se donnèrent pour des tisserands et

déclarèrent savoir tisser la plus magnifique étoffe

du monde. Non-seulement les couleurs

et le dessin étaient extraordinairement beaux,

mais les vêtements confectionnés avec cette étoffe

possédaient une qualité merveilleuse :

ils devenaient invisibles pour toute personne

qui ne savait pas bien exercer son emploi

ou qui avait l’esprit trop borné.

« Ce sont des habits impayables, pensa le grand-duc ;

grâce à eux, je pourrai connaître les hommes incapables

de mon gouvernement :

je saurai distinguer les habiles des niais.

Oui, cette étoffe m’est indispensable. »

Puis il avança aux deux fripons une forte somme

afin qu’ils pussent commencer immédiatement leur travail.

Ils dressèrent en effet deux métiers,

et firent semblant de travailler,

quoiqu’il n’y eût absolument rien sur les bobines.

Sans cesse ils demandaient de la soie fine

et de l’or magnifique ;

mais ils mettaient tout cela dans leur sac,

travaillant jusqu’au milieu de la nuit

avec des métiers vides.

« II faut cependant que je sache où ils en sont, »

se dit le grand-duc.

Mais il se sentait le cœur serré en pensant que les

personnes niaises ou incapables de remplir leurs fonctions

ne pourraient voir l’étoffe.

Ce n’était pas qu’il doutât de lui-même ;

toutefois il jugea à propos d’envoyer quelqu’un pour

examiner le travail avant lui.

Tous les habitants de la ville

connaissaient la qualité merveilleuse de l’étoffe,

et tous brûlaient d’impatience de savoir combien leur

voisin était borné ou incapable.

« Je vais envoyer aux tisserands mon bon vieux ministre,

pensa le grand-duc, c’est lui qui peut le mieux juger

l’étoffe ; il se distingue autant par son esprit que par ses

capacités. »

L’honnête vieux ministre entra dans la salle où les deux

imposteurs travaillaient avec les métiers vides.

« Bon Dieu ! pensa-t-il en ouvrant de grands yeux, je ne

vois rien. » Mais il n’en dit mot.

Les deux tisserands l’invitèrent à s’approcher,

et lui demandèrent comment il trouvait le dessin et les

couleurs. En même temps ils montrèrent leurs métiers

et le vieux ministre y fixa ses regards 

;mais il ne vit rien

par la raison bien simple qu’il n’y avait rien.

« Bon Dieu ! pensa-t-il, serais-je vraiment borné ?

Il faut que personne ne s’en doute.

Serais-je vraiment incapable ?

Je n’ose avouer que l’étoffe est invisible pour moi.

— Eh bien ! qu’en dites-vous ? dit l’un des tisserands.

— C’est charmant

Des Habits trop Grands

— C’est charmant, c’est tout à fait charmant !

répondit le ministre en mettant ses lunettes.

Ce dessin et ces couleurs....

oui, je dirai au grand-duc que j’en suis très-content.

— C’est heureux pour nous, » dirent les deux tisserands ;

et ils se mirent à lui montrer des couleurs

et des dessins imaginaires en leur donnant des noms.

Le vieux ministre prêta la plus grande attention, pour

répéter au grand-duc toutes leurs explications.

Les fripons demandaient toujours de l’argent,

de la soie et de l’or ; il en fallait énormément pour ce

tissu. Bien entendu qu’ils empochèrent le tout 

; le métier restait vide et ils travaillaient toujours.

Quelque temps après, le grand-duc envoya un autre

fonctionnaire honnête pour examiner l’étoffe

et voir si elle s’achevait.

Il arriva à ce nouveau député la même chose qu’au

ministre ; il regardait et regardait toujours, mais ne voyait rien.

« N’est-ce pas que le tissu est admirable ?

demandèrent les deux imposteurs en montrant

et expliquant le superbe dessin et les belles couleurs

qui n’existaient pas.

— Cependant je ne suis pas niais ! pensait l’homme.

C’est donc que je ne suis pas capable de remplir ma place ?

C’est assez drôle, mais je prendrai bien garde de la

perdre. »

Puis il fit l’éloge de l’étoffe, et témoigna toute

son admiration pour le choix des couleurs et le dessin.

« C’est d’une magnificence incomparable, »

dit-il au grand-duc,

et toute la ville parla de cette étoffe extraordinaire.

Enfin, le grand-duc lui-même voulut la voir pendant qu’elle

était encore sur le métier.

Accompagné d’une foule d’hommes choisis,

parmi lesquels se trouvaient les deux honnêtes

fonctionnaires, il se rendit auprès des adroits filous

qui tissaient toujours, mais sans fil de soie ni d’or, ni

aucune espèce de fil.

« N’est-ce pas que c’est magnifique !

dirent les deux honnêtes fonctionnaires.

Le dessin et les couleurs sont dignes de Votre Altesse. »

Et ils montrèrent du doigt le métier vide,

comme si les autres avaient pu y voir quelque chose.

« Qu’est-ce donc ? pensa le grand-duc,

je ne vois rien , c’est terrible.

Est-ce que je ne serais qu’un niais ?

Est-ce que je serais incapable de gouverner ?

Jamais rien ne pouvait m’arriver de plus malheureux. »

Puis tout à coup il s’écria :

C’est magnifique ! J’en témoigne ici toute ma

satisfaction. »

Des Habits trop Grands

Il hocha la tête d’un air content,

et regarda le métier sans oser dire la vérité

Tous les gens de sa suite regardèrent de même

 les uns après les autres, mais sans rien voir,

et ils répétaient comme le grand-duc :

« C’est magnifique ! »

Ils lui conseillèrent même de revêtir cette nouvelle étoffe

à la première grande procession.

«  C’est magnifique ! c’est charmant ! c’est admirable ! »

exclamaient toutes les bouches,

et la satisfaction était générale.

Les deux imposteurs furent décorés, et reçurent le titre

de gentilshommes tisserands.

Toute la nuit qui précéda le jour de la procession,

ils veillèrent et travaillèrent à la clarté de seize bougies.

La peine qu’ils se donnaient était visible à tout le monde.

Enfin, ils firent semblant d’ôter l’étoffe du métier,

coupèrent dans l’air avec de grands ciseaux, cousirent

avec une aiguille sans fil, après quoi ils déclarèrent que le

vêtement était achevé.

Le grand-duc, suivi de ses aides de camp,

alla l’examiner, et les filous, levant un bras en l’air

comme s’ils tenaient quelque chose, dirent :

« Voici le pantalon, voici l’habit, voici le manteau.

C’est léger comme de la toile d’araignée.

Il n’y a pas de danger que cela vous pèse sur le corps,

et voilà surtout en quoi consiste la vertu de cette étoffe.

— Certainement, répondirent les aides de camp ; mais ils

ne voyaient rien, puisqu’il n’y avait rien.

— Si Votre Altesse daigne se déshabiller, dirent

 

Des Habits trop Grands

"Oui, oui !", dirent tous les courtisans, mais ils ne pouvaient rien voir, puisqu'il n'y avait rien.

"Votre Majesté Impériale veut-elle avoir l'insigne

bonté d'ôter ses vêtements afin que nous puissions

lui mettre les nouveaux, là, devant le grands miroir !"

L'empereur enleva tous ses beaux vêtements et les

escrocs firent comme s'ils lui enfilaient chacune

des pièces du nouvel habit qui, apparemment,

venait tout juste d'être cousu.

L'empereur se tourna et se retourna devant le

miroir. "Dieu ! comme cela vous va bien.

Quels dessins, quelles couleurs" s'exclamait

tout le monde.

"Ceux qui doivent porter le dais

au-dessus de Votre Majesté ouvrant la procession

sont arrivés", dit le maître des cérémonies.

"Je suis prêt", dit l'empereur.

"Est-ce que cela ne me va pas bien ?

Et il en se tourna encore une fois devant le miroir,

car il devait faire semblant de bien contempler son

costume.

Les chambellans qui devaient porter

la traîne du manteau de cour tâtonnaient de leurs

mains le parquet, faisant semblant d'attraper

et de soulever la traîne.

Ils allèrent et firent comme s'ils tenaient

quelque chose dans les airs;

ils ne voulaient pas risquer que l'on remarquât qu'ils

ne pouvaient rien voir.

C'est ainsi que l'Empereur marchait devant la

procession sous le magnifique dais

, et tous ceux qui se trouvaient dans la rue

ou à leur fenêtre disaient:

"Les habits neufs de l'empereur sont admirables !

Quel manteau avec traîne de toute beauté,

comme elle s'étale avec splendeur !"

Personne ne voulait laisser paraître qu'il ne voyait

rien, puisque cela aurait montré qu'il était incapable

dans sa fonction ou simplement un sot.

Aucun habit neuf de l'empereur n'avait connu un tel

succès.

"Mais il n'a pas d'habit du tout !", criait petit enfant

dans la foule."Entendez la voix de l'innocence!",

dit le père;et chacun murmura à son voisin ce que

l'enfant avait dit.Puis la foule entière se mit à crier:

"Mais il n'a pas d'habit du tout!"

L'empereur frissonna, car il lui semblait bien que le

peuple avait raison, mais il se dit:

"Maintenant, je dois tenir bon

jusqu'à la fin de la procession."

Et le cortège poursuivit sa route

et les chambellans continuèrent de porter la traîne,

qui n'existait pas.

On pourrait aussi dire :

Que tout profiteur vis aux dépends de ceux qui

l'écoutent ! ou qui les a fait ministres et qui le louangent sachant qu Jupiter

a des habits trop grands ....

Rosie

Des Habits trop Grands

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